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Ministère des Affaires Etrangères de Finlande

Un soutien plus efficace pour les Etats fragiles en transition - Mission Permanente de la Finlande, Genève : Actualiés

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Actualités, 27/09/2012

Un soutien plus efficace pour les Etats fragiles en transition

Depuis 2010, les Etats membres du G7 élargi (http://www.g7plus/) ont initié un dialogue entre Etats fragiles et Etats donateurs sur le thème des risques très élevés liés aux actions d’aide au développement et d’aide humanitaire en faveur des Etats fragiles. A la suite de ce processus placé sous l’égide de l’OCDE sous le nom de Dialogue international pour la consolidation de la paix et la reconstruction des Etats, le G7 élargi a pris un engagement qui s’est traduit par l’institution d’un New Deal pour l’engagement dans les Etats fragiles, une initiative à laquelle la Finlande a apporté son soutien en 2012.

Le New Deal vise à mettre un terme aux conflits, à reconstruire les Etats et à éradiquer la pauvreté. Par ailleurs, le New Deal entend redonner la parole aux Etats fragiles et à leurs habitants afin que cette parole, avec l’aide des partenaires internationaux des pays en question, soit placée au cœur même des solutions de consolidation de la paix et de reconstruction de l’Etat qui concernent ces pays ainsi que leurs populations. Sur une population mondiale qui s’élève aujourd’hui à 7 milliards d’habitants, le New Deal s’adresse à 20% d’hommes et de femmes vivant dans des Etats fragiles et touchés par des conflits.

A Finnish peacekeeper in Afganistan. Photo by Matti RemesUn soldat de la paix finlandais dans le cadre de son travail en Afghanistan. Photo : Matti Remes.

L’idée qui sous-tend le New Deal est que les risques sont partie intégrante de l’engagement contracté, l’essentiel étant que soit trouvée une stratégie qui intègre ces risques en tenant compte de la situation particulière que connaissent les Etats fragiles. Le fait d’évaluer les risques inhérents puis de développer des projets permettant de maîtriser et de minimiser les risques tend à aider les Etats fragiles comme leurs partenaires à trouver de meilleures solutions pour mener les actions nécessaires dans des situations qui représentent souvent un défi.

Sans un vrai partenariat et un réel engagement de part et d’autre, l’aide extérieure ne saurait être longtemps d’un grand secours aux Etats auxquels elle est destinée. Pays donateurs et pays bénéficiaires doivent donc travailler ensemble afin que l’aide accordée se traduise sous forme de résultats durables. Il est très important que le pouvoir exécutif des Etats bénéficiaires s’engage véritablement, avec le soutien des partenaires des pays en question, en faveur d’un développement dans le cadre de la paix, tout en mettant les ressources naturelles de leurs pays au service des stratégies de développement nécessaires au niveau national.

Le New Deal est un engagement solidaire entre un certain nombre d’organisations nationales et internationales œuvrant à des projets de reconstruction des Etats et de consolidation de la paix. Les gouvernements du G7 élargi s’engagent à se montrer sensibles aux attentes et à la volonté des citoyens de leurs pays dans les domaines de la politique, de la justice, de la sécurité, de la prise en compte des fondamentaux de l’économie, de la gestion des finances publiques et de la mise en place de services publics d’utilité essentielle et déclarent vouloir assumer leurs responsabilités en la matière ; les pays bénéficiaires, quant à eux, s’engagent à respecter et à soutenir les efforts menés par les pays du G7 élargi pour l’accomplissement de leurs engagements.

Le New Deal se trouve dans sa phase pilote jusqu’en 2015. Grâce à l’engagement et à la volonté de tous les partenaires impliqués dans la coopération pour le développement international, ce processus a la possibilité de se traduire sur le terrain par une nouvelle donne pour les Etats fragiles.

L’importance du défi

 

Les Etats fragiles et les conflits armés auxquels ils sont confrontés génèrent d’énormes défis au niveau de la coopération pour le développement : plus d’1,5 milliard de personnes vivent dans des pays aux prises avec des conflits armés, et la violence politique et les activités criminelles violentes permanentes entraînent des souffrances, des situations de détresse et une insécurité immenses pour les populations de ces pays. Dans des conditions de violence quotidienne, il n’est pas possible d’atteindre ne serait-ce qu’un minimum des objectifs d’éradication de la pauvreté et de construction d’un monde meilleur pour le Millénaire tels qu’ils ont été définis par l’ONU.

Il est presque impossible dans les Etats fragiles de veiller à ce que tout un chacun ait suffisamment à manger ; de même, le système éducatif souffre dans ces pays, la voix des femmes n’est pas entendue, la mortalité infantile est en progression et les mères de famille n’ont pas accès aux soins de santé dont elles ont besoin. Dans un contexte de violence, les combats se mènent contre les habitants, et non pas contre la maladie. Quant à l’environnement, il est lui aussi soumis à rude épreuve au cours des conflits : mettre en place des partenariats globaux pour le développement n’est pas la première des priorités pour des gens qui luttent ni plus ni moins pour rester en vie.

Le soutien aux Etats fragiles nécessite une active politique pour le développement qui ne prenne pas seulement en compte les aspects politiques, mais intègre une démarche de résolution des conflits civils et militaires, ainsi que l’action diplomatique et l’aide humanitaire. En 2009, les pays de l’OCDE ont fourni aux Etats fragiles une aide de 47 milliards de dollars, ce qui a représenté un peu plus de 40% de l’ensemble des aides attribuées l’année en question. Cependant, l’aide au développement n’atteint pas toujours ses bénéficiaires dans les pays en proie à des conflits armés, et il est alors nécessaire que l’aide humanitaire prenne le relais.

Même si l’aide humanitaire peut se révéler opportune à court terme, elle n’est guère d’un grand secours pour la mise en place d’une paix durable ou la reconstruction d’un pays : c’est bien l’aide au développement qui produit des effets plus positifs, en permettant aux Etats fragiles de mener avec succès les actions de reconstruction qui leur sont nécessaires. Pendant les périodes transitoires, il est par ailleurs très difficile de mettre en place une aide efficace et qui corresponde à la forme où elle est de plus en plus souvent attribuée à notre époque : c’est pourquoi le temps est peut-être venu d’envisager une manière différente d’apporter notre aide.

Des problèmes fondamentaux pour la mise en place d’un soutien aux Etats fragiles

La nécessaire transition des pays entre un état de fragilité et la stabilité est un défi énorme à aborder. L’un des problèmes fondamentaux qui se posent tient à l’absence d’un projet stratégique pour la mise en œuvre des périodes transitoires, ce à quoi il faut ajouter les difficultés auxquelles on se heurte pour établir des priorités, ce même lorsqu’un projet stratégique existe. Le développement économique et l’amélioration des opportunités professionnelles tout particulièrement pour les jeunes sont des facteurs essentiels de stabilisation pour un Etat en voie de redressement, y compris du point de vue de la prévention de nouveaux conflits susceptibles de survenir en phase de transition. Sur le plan socio-économique, il est par ailleurs important qu’une réponse soit apportée aux besoins humanitaires : les réfugiés ont besoin de nouveaux logements, ils doivent également se nourrir et se vêtir et être en mesure de se réintégrer dans la société. Le défi majeur qui se pose face à la situation des réfugiés consiste à les aider à reprendre une vie nouvelle au sein d’un pays en voie de redressement au lendemain des dévastations de la guerre.

Les conditions des actions d’aide au développement et celles du travail humanitaire sont extrêmement difficiles en raison de l’importance des risques inhérents. Produire, traiter et transmettre l’information coûte cher : face à la difficulté des situations, il arrive fréquemment que l’ONU et la Banque mondiale prennent part aux efforts nécessaires en apportant des fonds. La Finlande est précisément l’un des canaux par lesquels passent ces financements internationaux, que notre pays utilise pour apporter à la fois une aide humanitaire et une aide au développement à des Etats fragiles comme l’Afghanistan, le Kosovo, le Soudan, le Pakistan ainsi que les pays situés dans la région des Grands Lacs d’Afrique.

Les premières problématiques que l’on observe se situent sur le plan politique : un Etat fragile a l’obligation de commencer par instituer dès que possible des mécanismes de partage du pouvoir. A cet égard, il est essentiel que les rouages de l’administration et de la justice continuent à fonctionner : bien trop souvent, il s’avère que si certains efforts de promotion de la paix sont couronnés de succès tandis que d’autres démarches du même ordre échouent, c’est le fonctionnement des institutions politiques et des forces de sécurité, de la police en particulier, qui en est la cause ; de même, le plus ou moins bon fonctionnement de l’appareil judiciaire joue lui aussi un rôle important du point de la réussite des actions entreprises. Il faut en outre garder à l’esprit que toutes les actions d’aide au développement et d’aide humanitaire se font à la fois avec de faibles ressources économiques et de faibles moyens humains.

La deuxième série de problématiques qui se posent pour le soutien des Etats fragiles porte sur la coordination des instruments d’aide utilisés, ainsi que sur le manque de cohérence dans la mise en œuvre de l’aide. Les pays donateurs éprouvent encore aujourd’hui le besoin de cerner les conditions dans lesquelles fonctionnent les instruments et méthodes par lesquels passe leur aide lors des périodes transitoires auxquelles ont à faire face les Etats fragiles. Bien trop souvent, on observe que la demande d’aide émane de telle ou telle organisation qui ne détient de mandat que d’elle-même et dont les méthodes de travail lui sont propres, alors que l’essentiel devrait plutôt être de trouver le meilleur moyen de diriger effectivement et efficacement l’aide là où le besoin s’en fait vraiment sentir et où une intervention sera en mesure de produire les effets les plus positifs ; or il résulte de ces situations une fragmentation et un chevauchement des actions entreprises.

La troisième problématique à prendre en compte vient du fait que le soutien aux Etats fragiles ne repose pas toujours sur les besoins et priorités des pays eux-mêmes, mais sur les objectifs politiques et économiques que s’assigne le pays donateur. Il existe par ailleurs un quatrième ensemble de problématiques liées à la maîtrise des risques : en effet, les méthodes de mise en œuvre de l’aide s’attachent plutôt à minimiser les risques, alors qu’il y aurait lieu de se poser la question de savoir quels sont précisément les risques à prendre. Enfin, il faut citer les problèmes qui découlent de la mise en pratique des bonnes intentions affichées et de la tenue des engagements dans les faits : il arrive en effet que la Déclaration de Paris se trouve plus souvent violée qu’appliquée à la lettre, dès lors qu’il s’avère difficile de transformer les promesses en réalisations concrètes. Afin de permettre la mise en œuvre de l’objectif du Millénaire pour le développement des Etats fragiles engagés dans des processus de transition, il est souhaitable de classer les objectifs d’aide au développement et d’aide humanitaire dans un ordre de priorité qui tienne compte du programme global de l’ONU pour le développement.

Le New Deal traite de tous ces différents défis en les envisageant dans le contexte particulier des Etats fragiles. La période d’essai programmée pour les années 2012-2015 est destinée à fournir des indications sur le point de savoir si une approche nouvelle pourrait contribuer à surmonter les défis et à minimiser les risques liés aux périodes de transition par lesquelles doivent passer les Etats fragiles avant d’accéder à la paix et à la stabilité.

La Finlande entend examiner les possibilités qu’elle aurait d’insister encore davantage dans sa politique d’aide au développement et sa politique de coopération sur les besoins spécifiques des Etats fragiles.

Ce texte se base sur une étude réalisée par le Dr. Olli Ruohomäki, conseiller principal au ministère finlandais des Affaires étrangères.

 

 

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Mise à jour 27/09/2012


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